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l'enfer chez fabiola





Fabiola est un mec qui se prend pour une oeuvre d'art, une sorte de pré-drag-queen vraiment trashy. Sauf que dans son cas l'art est prétexte à la dégueulasserie et à l'abus des autres.... Il se ballade affublé de couvertures de survie, avec un landeau. C'est rigolo la première fois, mais ça fait vingt ans qu'il nous joue le même numéro. La société néerlandaise est tellement égalitaire qu'elle est devenue une médiocratie d'où tout brio est exclu. Et dès qu'un mec se met une plume dans le cul pour faire l'oiseau rare, tout le monde se dit que, vraiment, faut oser, ça doit sûrement être de l'art.
Je pense que les étudiants psychiatres ont là un superbe cas bien lourd à étudier. Un sujet de thèse "art et terrorisme intellectuel en kreukreuland"?

Tranche de vie:
Je suis rentré un mardi soir de Paris. Fatigué. En entrant, l'apparte était immonde, crade. La fenêtre de ma chambre était grande ouverte, il faisait 8 degrés, le sol était dégueu et tous mes appareils électriques étaient débranchés. Même les lampes. Mais quand je les ai rebranchés, ils étaient allumés. Bizarre...
La salle de bain était immonde, et je ne parle même pas de la cuisine, alors que j'avais nettoyé les deux avant de partir. Et j'avais l'étrange impression que mon lit avait été modifié. Bon, me dis-je, tu a perdu l'habitude du bordel et tu deviens parano, mon pauvre Lolo!

Le lendemain, je décide de changer ma literie. Et je découvre des préservatifs dans mon lit. Et ils ne sont pas à moi, j'en suis sûr!
J'appelle Alexandra à l'institut pour qu'elle vienne m'aider pour la Question. Fabiola sort de sa chambre 
-Bonjour, ça va? 
-Euh, nan. Tu peux m'expliquer ce que font ces préservatifs dans mon lit? 
-oh, je sais pas, ils ne sont pas à toi? 
Alors là, je rêve! 
-nan, ils ne sont pas à moi
-Tu es sûr?

               ...plus tard...

-Ben un copain est venu me les donner, ils ont dû tomber de ma poche (le lit est à 1.70m de haut!)
-Ah oui, la physique classique ne marche pas à Amsterdam, tu sais celle où les objets tombent et ne s'envolent pas...?
-Ben oui, c'est bizare.
                ...plus tard...
-J'étais venu voir si le chauffage m'était pas branché
-Oui mais le chauffage il n'est pas dans le lit
-Ah mais je n'étais pas dans le lit...
                pfff...
Finalement il s'excuse et repart la queue basse en ayant promi de ranger un peu. Il revient cinq minutes après:
-Je crois qu'il vaut mieux que tu t'en ailles, car je suis le boss dans la maison.
-(soulagé, quelque part) OK.
Le soir, en revenant du boulot "c'est insensé, tu m'as questionné en public (en gros, devant Alexandra), quelle honte!" Et il s'est mis à parler non stop pendant 20 minutes, disant que c'était tombé, vraiment, qu'on avait dit qu'on nettoyait et que jamais il n'avait dit non (mais bon, il n'a jamais nettoyé non plus), que peut-etre il ne rangeait pas tout le temps (jamais, en fait) mais qu'heureusement il prenait mes affaires (là je ne suivais plus la logique de son discours mais effectivement il me taxe mes affaires qui semblent disparaitre à jamais dans son bordel), patati patata...
En résumé, il a de gros problèmes psychiatriques et j'ai bien fait de déménager! A l'heure actuelle je n'ai toujours pas récupéré ma caution de 500 florins!
Vous pouvez l'appeler pour l'insulter: [00.31.20].6226281
 
illustrations...

Ci-dessous: tout d'abord (1) le jardin de Fabiola, prétexte à foutre de la terre dans tout l'apparte, puis son porte-manteau dans l'entrée (2), qui par ailleurs dissuade toute entrée véritable vu la taille du bordel, et finalement son landeau (3), indispensable à l'art vivant qu'il est sensé représenter. Il aurait fallu une photo de la cuisine, pièce on ne peut plus spectaculaire, mais le jour où Cécile était là pour prendre les photos le bordel avait été recouvert par du papier alu car un mec de la radio venait l'interviouver. Il avait par ailleurs utilisé ma chambre pour le recevoir, étant donné le bordel qu'il y a dans la sienne (des montagnes d'objets avec un étroit sentier semmé de crottes de chat  menant à son lit, où quelque part il y a une casserole géante à moi et pas mal de couverts, engloutis à jamais).


photo 1

photo 2

photo 3

(photos par cécile dee 1998)


 
 

 

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